La data : le nouveau dada de la culture ?

💡La data : le nouveau dada de la culture ?

La digitalisation du secteur public s’accélère, et le domaine de la culture ne fait pas exception. Aujourd’hui, l’exploitation des données représente une véritable mine d’or pour les institutions culturelles, bien que le chemin soit encore semé d’embûches.

✨ De formidables opportunités de développement
L’analyse des données permet de mieux connaître le profil des usagers, de comprendre leurs besoins, d’adapter les politiques publiques et de fidéliser le public.

Quelques exemples inspirants :
L’open content : La ville de Reims a mis à disposition plus de 25 000 pièces libres de droit issues de ses collections. Résultat ? Son musée numérique enregistre 132 000 visiteurs uniques annuels !

L’adaptation de l’offre : À Toulouse métropole, le suivi mensuel de la fréquentation permet de réorienter certains formats d’ateliers vers une approche plus pratique pour répondre aux attentes, et d’ajuster les périodes de fermeture.

La visibilité : Dans le spectacle vivant, structurer les données est un enjeu majeur pour améliorer la visibilité et permettre d’être découvert plus facilement par les publics sur internet.

Un parcours semé d’obstacles
Malgré ces succès, la data reste un véritable « serpent de mer » dans le milieu culturel. Pourquoi ?

Un frein culturel et de formation : Les futurs professionnels sont peu formés à ces enjeux, et l’exploitation des données sous-tend une dimension marketing qui est souvent perçue péjorativement par le milieu culturel français.

Des défis techniques et financiers : rendre accessible en ligne le contenu des catalogues ou créer des standards d’interopérabilité (comme le projet pilote pour les événements du spectacle vivant) nécessitent des investissements onéreux et gourmands en temps comme en ressources humaines.

Le manque de portage politique : Les politiques de données peinent à s’ancrer dans le long terme car elles sont très dépendantes des changements de mandatures.

💡 Et demain ? L’heure est à l’expérimentation collective, entre institutions culturelles, pour créer un modèle technique commun de structuration des données. Par ailleurs, de nouveaux défis émergent avec l’intelligence artificielle : le débat ressurgit sur la libre réutilisation des données publiques, avec des interrogations sur les licences à instaurer pour éviter que nos contenus culturels n’alimentent des modèles d’IA qui ne satisfont pas au cadre économique ou démocratique souhaité en Europe.