La culture est-elle devenue un outil de reproduction des inégalités sociales ?
Depuis des décennies, la France a construit un maillage territorial impressionnant de théâtres, de musées et de bibliothèques, mais le constat statistique est sans appel : la démocratisation culturelle a globalement échoué à attirer les classes populaires vers les formes de culture dites “légitimes”.
Bien souvent, les œuvres elles-mêmes dressent des frontières symboliques, de véritables “barbelés esthétiques” tacitement valorisés, qui éloignent et excluent le grand public.
Dans son nouvel essai “L’Exclusion culturelle. Manifeste pour une riposte populaire” (Éditions du Faubourg), le conseiller culturel Victorien Bornéat tire la sonnette d’alarme. Alors que l’extrême droite réduit la culture au simple folklore local et s’attaque aux subventions, la gauche semble malheureusement avoir déserté ce débat essentiel.
💡 Sa proposition pour changer de logiciel : le « Nouveau populaire ».
Plutôt que d’enfermer les classes populaires dans une culture qui leur serait réservée ou de les forcer à adhérer à une culture d’élite, il propose de créer des territoires communs. L’objectif est de favoriser l’hybridation des répertoires, à l’image de la performance marquante d’Aya Nakamura mêlant ses propres tubes à ceux de Charles Aznavour lors des Jeux olympiques.
Il appelle également à réinvestir massivement dans la culture du quotidien. Soutenir les fanfares, les chorales et les petites compagnies de théâtre est une nécessité absolue, car ces pratiques amateurs créent un lien social et politique tout aussi vital que les lieux de sociabilité traditionnels.
